MELZ SUR SEINE
Origines de Melz




Le nom de Melz vient peut-être du latin « maius », qui signifie mai, auquel se serait ajouté le suffixe « ellum ». Il désignerait un ensemble de buissons fleurissant en mai. Nous avons retrouvé dans un écrit de 1190 le nom « Maïel », mais rien de bien sur. Une autre piste, en invoquant « Mello », nom d’homme germanique, ou encore le préceltique « Melo » qui veut dire « montagne » ou encore le latin « Mellum » qui veut dire pomme….

Les formes les plus rencontrées dans les textes anciens sont : mael, mahel, mel et maellum en latin. Forme rencontrée fréquemment dans les écrits celtiques.

Mael, composante de noms de lieux, il se traduit par « bénéfice » au sens ecclésiastique ou « seigneurie », il peut aussi être un nom d’homme.

Mahel, semble avoir comme origine un mot de la langue celtique parlée en Bretagne au milieu du VIème siècle signifiant « noble » ou « prince ».

Nous retrouvons aussi, mael, mahel ou mel dans le breton ancien à la fin du VIIIème siècle jusqu’au XIème.

Mael, fut utilisé comme nom propre dans le cartulaire de l’Abaye de Redon et comme nom de lieu dans celui du provinois.

Melz doit probablement son nom à l’existence d’une très ancienne seigneurie celtique.

Découverte de l’origine de Blunay, Maulny dans notre prochaine parution...



Blunay dériverait du bas latin, dans les plus vieux écrits on retrouve « Ablenay » ou « Ablenetum » dans les textes latins du haut moyen-age. La difficulté de dire « A Ablenay » a entrainé l’aphérèse du a. Mais l’hypothèse la plus séduisante est celle que l’on peut tirer du dictionnaire de vieux français qui font état de « Ablée » ou « Ablai » pour désigner une terre ensemencée de blé, mot d’origine germanique. Ce village-rue dont les demeures jouxtent les champs aurait surgi après les grands défrichements de la forêt gauloise et sans doute après la conquête franque.

Maulny, son orthographe actuelle résulte d’une maladresse d’un scripteur du moyen-âge, soucieux de donner une forme latine à des noms d’usage courant. Les plus vieilles orthographes sont Mauni, Moni, Mausni ou Mosni, le « i » pouvait être aussi remplacé par un « y », comme il était courant dans le vieux français. Un latiniste l’a traduit par Malus Nidus : le mauvais nid. De cette initiative de 1216, on a gardé le L de Malus et Mauni est devenu Maulny.

En Seine et Marne, le dictionnaire de Stein et Hubert relève 12 Maulny et 6 Mauny, la langue celtique nous offre le mot primitif « monid » qui signifie « montagne ».

En conclusion, nos trois hameaux sont largement plus que millénaires. En ce qui concerne les habitants, pour certains auteurs, nous pouvons retenir les Méliers, les Blunetiers et les Maulniens.


Le temps de la féodalité dans notre histoire

L’empire de Charlemagne va connaître une lente décomposition tout au long du IXè siècle. La fortification commencée lors des invasions barbares va se poursuivre avec l’arrivée des Normands. Le royaume de France éclate en une cinquantaine de petits états comportant eux-mêmes d’innombrables fiefs. Les guerres privées verront leurs seigneurs s’affronter entre eux.

Avant de découvrir nos seigneurs briards et leurs obligations envers les comtes, je vous propose de rappeler la nature des liens qui unissent vassaux et suzerains.

Le seigneur féodal est un guerrier, c’est le plus souvent dans les premiers temps un chevalier. Au dessous de lui se situe l’écuyer, homme d’armes, qui peut aussi détenir un fief. L’écuyer est le premier échelon de la noblesse. Seuls les nobles peuvent disposer d’un cheval de guerre et d’armes offensives.

Guerroyer coute cher, le seigneur va tirer ses revenus de ses fiefs. Le fief est essentiellement un domaine, des terres exploitées par les paysans. Mais c’est aussi une vingtaine de droits divers concédés par le suzerain à un seigneur pour se faire des revenus. Parmi eux, le four banal appartenant au seigneur, le charruage pour l’usage des charrues, le rouage pour la circulation des marchandises, le péage pour traverser les villages, l’avouerie pour assurer la garde de domaines écclésiastiques, la vicairie pour le droit de justice sur les roturiers, la gruerie sur les coupes de bois, …et bien d’autres.

En échange de ces bénéfices concédés ou reconnus par le suzerain, le vassal se déclare son ‘’homme’’, c’est donc ‘’l’hommage’’ qui va consacrer les liens d’homme à homme dans cette société guerrière. Le vassal accompagne son suzerain à la guerre, assure un service de garde au château d’une durée pouvant aller de 40 jours à trois mois. L’hommage pouvait prendre trois formes : simple, lige ou plain. L’hommage simple oblige le vassal à un service de garde au château, le ‘’lige’’ oblige d’accompagner son suzerain quand il fait la guerre, l’hommage ‘’plain’’ est le moins contraignant.

Pour en revenir à nos seigneurs Briards, au XIIème siècle, le Comté comprenait alors 26 châtellenies et 2017 chevaliers. Le bailliage de Provins en comptait 6, Bray, Coulommiers, Jouy le Chatel, Meaux, Montereau et Provins.

Sur le seul territoire de Melz-sur-Seine qui comptait 1809 hectares, plusieurs fiefs sont détenus par des seigneurs d’importance inégale, à savoir :

Onde de Mauni, lige et trois mois de garde.

En langage contemporain, c’est Eudes de Maulny, un petit seigneur, simple écuyer, vavasseur tantôt du seigneur de Montmitel, tantôt de celui de Blunay.

Girarz de Montmitel, lige et deux mois de garde, chevalier plus important.

Aujourd’hui, nous ne trouvons que quelques rares vestiges d’une forteresse médiévale. Un village a aussi existé en ces lieux. Il fut un temps ou Montmitel constituait un fief plus important que ceux de Melz, Blunay et Maulny. Le lieu aurait pu être fortifié dés les années 800 lors des invasions normandes.

Sur le finage de Melz existe une autre maison forte, celle de Blunay dont le fief appartient en 1205 à ‘’Haguin de Saron, homme lige’’. Puissant personnage de la châtellenie de Bray sur Seine, il possède trois autres maisons fortes, à Saron, Saint-Oulph et Méry, localités de l’Aube.

Après Maulny, Montmitel et Blunay, on attendait qu’enfin fût cité le fief de Melz, qui donna son nom à cet ensemble. Ce n’est que dans des écrits ultérieurs que nous le découvrirons. Dans un document en latin on retrouve une certaine Ameline de Mahel, qui fait homme lige d’une terre en la Châtellenie de Bray. Ameline, nous fera découvrir ultérieurement l’importance de la place prise par la femme au XIIIème siècle.


Terres d’églises 

Avant d'aborder nos prieurés dans notre prochaine parution, je vous propose un article dédié aux "Terres d'Eglise" 

 
Les conflits entre le pouvoir ou les pouvoirs laïcs et l'Eglise sont anciens. Déjà au VIe siècle, le roi mérovingien Chilpéric se lamentait en ces termes: "Voilà notre fisc devenu pauvre, voilà que nos richesses sont passées aux églises. Personne ne règne plus, si ce n'est seulement les évêques: notre dignité est perdue et a passé aux évêques des cités". 
 
Les démêlés de la royauté avec le tout puissant évêque de Paris ne trouveront une issue que sous Philippe Auguste qui conclut un accord en 1222 avec Guillaume de Seignelay, évêque de Paris. 
 
En Champagne et Brie, la croissance des biens d'Eglise s'est opérée sans grandes batailles juridiques. La constitution des domaines ecclésiastiques a été plutôt la conséquence de la bienveillance des Comtes et des nombreuses donations que les seigneurs petits et grands firent, notamment lors de leurs départs en croisades. Les croisades ont creusé de nombreux vides parmi les chevaliers. 
 
Curieusement, alors qu'au Xe siècle, les terres d'Eglise représentent 40% de l'ensemble du territoire français pour retomber à 15% deux cents ans plus tard, la Brie voit au contraire s'accroître les biens ecclésiastiques et spécialement sur la paroisse de Melz où, quand la révolution arrivera, ils représentent plus d'un millier d'arpents. 
 
Les biens de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem 
Les frères Hospitaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, lorsqu'ils recueillirent les possessions des Templiers, étaient déjà largement implantés à Maulny et Blunay. Fondé en 1099 par les Croisés, cet ordre constituait une association de nobles seigneurs accueillant et soignant les pèlerins. Des cent premières années de son existence, il n'existe pas d'acte permettant de conclure que l'ordre est déjà propriétaire de biens sur notre commune. La première trace date de 1209. Les Hospitaliers sont installés dans la commanderie de la Croix en Brie, et Maulny sera une annexe avec des terres sur notre commune et autres lieux. On peut évaluer à environ 180 arpents les biens possédés par l'annexe de Maulny, un des plus gros propriétaires de la commune. Nous verrons ensuite sur de nombreux actes, le nom de l'Hôtel de Maulny. 
Il faudra ensuite attendre 150 ans pour retrouver dans les archives de nouvelles traces de cette terre, car entre temps la France aura vécu le grand siècle des catastrophes.  


Source : Extrait d’un manuscrit rédigé par un habitant du village, Mr Lacroix. 




























Source : Extrait d’un manuscrit rédigé par un habitant du village, Mr Lacroix.



Origines de Blunay et Maulny